Signer sa reliure

Doigt droit reliure grande turbineSigner sa reliure« Euphronios a peint », « Michel-Ange Buonarroti le Florentin l’a fait », un poinçon en orfèvrerie, une estampille en ébénisterie, un monogrammes, des initiales ou un symbole… Signer son œuvre artistique se fit parfois, se généralisa à partir du XVe siècle avant de devenir systématique au XVIIIe siècle avec le développement du marché de l’art.

Cette pratique n’échappe pas aux relieurs dont les plus anciennes signatures connues datent de la fin du XVe siècle.

André Boule, qui exerce dans les années 1500 à 1523, mentionne ses nom et prénom  sur les couvertures, en dessous des décors représentant des scènes  religieuses. Les inscriptions sont des empreintes de bois gravé pressé sur le cuir humide. 

Quelques années plus tard, les frères Arnoul et Charles L’Angelier utilisent la feuille d’or et une plaque de métal gravée chauffée pour apposer sur le plat recto de leurs reliures leur marque facilement reconnaissable ; deux anges liés par une cordelette agenouillés devant le Christ entouré des initiales de l’un ou de l’autre relieur.     

Par la suite les signatures se font plus discrètes et prennent place à l’intérieur de la reliure, au dos du plat recto ou verso.  Généralement dorées à chaud, elles indiquent avec sobriété le nom de l’artiste.

Le secteur patrimoine des médiathèques de Roannais-agglomération compte de nombreuses reliures arborant la griffe de leur créateur. Au nom d’André Boule et de Charles L’Angelier s’ajoutent ceux de Pierre Lortic, Vagner, Yvonne Montet, Jean de Gonet, Anne Giordan, Isabelle Rollet ou encore celui du mystérieux Maître à la rosette