La reliure à charnière piano

Doigt droit reliure grande turbine Reliure charniere piano reliure isabelle rolletEn restaurant des reliures anciennes, les relieurs de la fin du XXe siècle s’aperçoivent des méfaits de certaines opérations laissant des traces irrémédiables au livre.

Tel est le cas du grecquage consistant à entailler, à la scie, le dos des cahiers afin d’y passer l’aiguillée de fil pour la couture.

De même pour l’endossure formant, au marteau, l’arrondi du dos ainsi que les angles dans lesquels s’effectue l’articulation de la couverture.

Ou encore des passages successifs de colles agressives.

Une réflexion est menée pour bannir ces opérations irréversibles et trouver des solutions de remplacement.

Françoise Wicker, invente la reliure à charnière piano.

Des bandes de papier gainées de cuir sont cousues dans le dos de chaque cahier puis entaillées et décalées en quinconce.

Des tiges métalliques (cordes de piano) passent dans ces bandes en reliant les cahiers deux par deux puis les couvertures.  L’articulation de la reliure est donc due à ce système de charnières et non  à l’endossure. Le livre est cousu sans grecquage, les cahiers étant percés par la seule aiguille.

De plus, aucune colle n’est utilisée sur le papier du livre.

Ce montage ingénieux, minutieux à réaliser, offre en plus d’une conservation optimale du livre, une esthétique originale du dos de la reliure.